le débourage

Au fil de la croissance du poulain :

Dès son plus jeune âge, on le touche, et même quelquefois avant sa mère, on se fait reconnaître de lui comme quelqu'un par qui le bien arrive. Croûtons dans les poches, caresses ; mais aussi fermeté : on ne mordille pas, on ne bouscule pas. Très tôt, on l'habitue au licol et à la longe.
On laisse le poulain attaché près de sa mère de longs moments, on le manipule, on lui prend les pieds toujours sans mouvements brusques et en lui parlant beaucoup. Marcher avec le poulain en licol est le tout premier apprentissage.

attitude de confiance de la pouliche et de la jeune muleVers 18 mois, premières séances de longe très courtes (pas plus de 5 a 10mn) découverte de la chambrière et d'ordres vocaux. Une dizaine de séances, mais tous les jours, pour connaître les ordres : pas, trot, galop, arrêter. C'est tout.
Quand les circonstances le permettent, on emmène le poulain à la longe aux trois allures partout où l'on peut aller à cheval, en montant soit sa mère, soit la jument référence du troupeau. Il lui est interdit de dépasser le genou droit du cavalier : ordres vocaux puis badine.
Le poulain est à droite, car dès le début, on lui apprend à rester du coté non dangereux de la route. Pour des chevaux, qui un jour ou l'autre seront appelés à être conduits comme des chevaux de bat (cavaliers débutants ou bagages sur le dos), ce respect du genou droit fait partie de leurs compétences "professionnelles".
Au pré pendant un an.

Vers trente mois, nouvelles séances de longe mais avec selle, filet, étriers et un aide léger. Le dresseur tient le poulain en main, et l'aide se met à plat ventre sur la selle puis enjambe le cheval. On marche à sa tête et l'on exige de l'aide qu'il prenne un contact permanent avec la bouche mais avec une main perméable, qui accompagne sans à coups le mouvement de l'encolure.

Dans les premiers temps, le dresseur reste à la tête du poulain, pour éviter les conflits avec le cavalier. Ils sont toujours néfastes quelle qu'en soit l'issue. A ce moment précis du débourrage, le cavalier a, en fait, peu de rôle à jouer. Son principal travail est de rester discret et l'on doit éviter tous gestes parasites de sa part qui ne peuvent pas être compris du poulain (surtout ne pas serrer les jambes pour "tenir", ce qui est un geste typique de prédateur). Longe à la main tenue courte, le dresseur est le seul centre d'intérêt du cheval. C'est de lui seul que viennent les ordres et surtout la sécurité face à ce danger qui vient de grimper sur son dos. La tenue "à la tête" dure le temps d'adaptation du poulain à cette nouvelle situation. Ce n'est souvent que quelques instants mais l'attention du dresseur doit être, à ce moment précis, permanente et sans faille. L'intervention, si elle est nécessaire, doit être immédiate. Pas de conflit à ce moment là est un augure de réussite. Le dresseur, lorsqu'il "le sent", laisse alors filer la longe.

Les attitudes du cavalier et ses aides (redressement du buste, actions des jambes...) précédent toujours un ordre vocal déjà connu. Ainsi le poulain acquiert la compréhension d'un nouveau langage, gestuel celui-là. En général, au bout de quelques minutes, on peut lâcher le poulain et il est conduit au pas à l'aide de très larges rênes d'ouverture, en n'oubliant surtout pas une énorme cession de la rêne régulatrice. Une dizaine de séances en carrière au pas et au trot et deux ou trois sorties en extérieur avec un cavalier sur le dos au milieu du troupeau sécurisant.
Le poulain est alors remis au pré pour 6 mois.

Vers 3 ans, son débourrage n'est plus à faire. Tout est déjà acquis. Il suffit alors de le monter, sans jamais le tromper, sur des rênes ajustées (j'insiste) avec une main douce et des jambes persuasives, mais surtout un parfait accord des aides et de larges cessions à chaque signe d'obéissance. Ne pas hésiter à se servir de la voix pour rassurer et encourager.

Si l'on commence avec un poulain à 3 ans ou plus, et que l'on doit le débourrer très vite. Un rapport de confiance et de respect doit être établi immédiatement car à cet age là, la force du poulain n'est pas négligeable. La démarche est la même.
Le travail péalable à la longe prépare toujours le cheval à l'acquisition du langage des aides. La nouvelle façon de demander doit toujours précéder l'ancienne. Le cavalier doit toujours respecter la locomotion du cheval grâce à une main qui "accompagne". Au galop, relever la tête du cheval par des demi-arrêts (les coups de cul, c'est pour quand on est au pré entre copains).

En résumé:

  • N'exiger que ce que l'on est certain de pouvoir obtenir.
  • Ne jamais "se chauffer" ; si cela arrive, arrêter la séance le temps de faire le vide. Le cheval ne comprend pas la colère.
  • Ne jamais tromper le cheval en le mettant dans des situations difficiles qui feraient perdre sa confiance.
  • Ne jamais demander ce qu'il n'est pas prêt à faire.
  • Ne pas punir si l'on n'est pas absolument sûr d'avoir été compris.
  • Tout le reste n'est qu'une question de bon sens, de tact et d'à-propos.

En conclusion :

Ces quelques lignes résument l'état d'esprit dans lequel je débourre mes propres chevaux. Ce qui est valable pour moi, ne l'est pas forcement pour tous. Toutefois, pour le travail qui leur est demandé par la suite, ce type de débourrage me donne entière satisfaction.

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