l'anglo-arabe

L'anglo-arabe

L'anglo-arabe est une race de cheval de selle à sang chaud d'origine française. Ce cheval est issu en premier lieu du croisement d'un Pur Sang avec un cheval arabe. Ce croisement est pratiqué dès le début du XIXe siècle et a été étendu par la suite aux races autochtones, souches de l'anglo-arabe d'aujourd'hui. C'est une race morphologiquement peu homogène, l'importance de sang arabe influant grandement sur le modèle. L'anglo-arabe est néanmoins caractérisé par ses allures, sa légèreté, son adresse, son courage et sa forte personnalité. L'abréviation officielle est AA mais il est aussi fréquemment surnommé Anglo.

Plusieurs appellations existent au sein de la race permettant de distinguer la part plus ou moins importante de sang arabe chez l'animal : anglo-arabe, anglo-arabe de complément, anglo-arabe de croisement et demi-sang anglo-arabe. L'anglo-arabe est particulièrement représenté dans le sud-ouest de la France, mais il est également élevé dans d'autres pays sous le nom d'anglo-arabe. Cette race est réputée pour ses performances sportives, notamment en concours complet, et dans des courses spéciales en catégorie AQPS.

Histoire de la race

L'histoire de l’anglo-arabe est liée à la politique menée par l’administration des haras au cours du XIXe siècle. Si des premières tentatives de croisement ont eu lieu dans la région de Tarbes et dans le Limousin, menant notamment à la naissance du « cheval tarbais », c’est sous la direction de Raoul de Bonneval, puis d’Eugène Gayot que la race est créée et prend son essor. Créée dans un but militaire, la race a très vite été orientée vers les courses. Il faut attendre le XXe siècle pour voir les premiers chevaux de sport.

Prémices

L’anglo-arabe est d’origine française. Les premières tentatives de croisement connues ont été réalisées sur un groupe de juments originaires de Tarbes et du Limousin accouplées avec des étalons Pur Sang et arabes[1]. Au haras de Tarbes, une sélection d’étalons arabes (mais aussi turcs et persans) sont importées dans le Béarn et la Navarre, et sont croisés avec ce qui reste de l'ancienne jumenterie navarrine. C’est ainsi que naît le « cheval tarbais » ou « cheval tarbéen ». C’est un cheval élancé et endurant qui fait un excellent cheval de trait léger et de selle. Il possède la taille requise pour la cavalerie légère mais dépasse rarement 1,52 m[5].

Création et développement de la race au XIXe siècle

Gravure d'un étalon anglo-arabe dans l'encyclopédie pratique de l'agriculteur, publiée par Firmin-Didot et Cie, tome 5, 1877.
Le cheval navarrin est l’une des races autochtones croisées au XIXe siècle pour produire de l’anglo-arabe.

C’est sous l’impulsion de l’administration des haras nationaux que la race anglo-arabe voit véritablement le jour dans la première moitié du XIXe siècle. Raoul de Bonneval a ainsi l’idée de croiser le Pur Sang, connu pour sa vitesse, et le cheval arabe, classique améliorateur. Il utilise pour cela deux étalons arabes, Massoud et Aslan, cheval turc, ainsi que trois juments Pur Sang importées d’Angleterre prénommées Selim Mare, Dear et Comus Mare. Leurs trois filles Delphine, Clovis et Danae sont les génitrices de la première race de chevaux de sport en France. La première jumenterie anglo-arabe naît ainsi au haras du Pin. Mais le développement de la race est surtout le fait d’Eugène Gayot, directeur des haras du Pin et de Pompadour, qui encourage la production dans ce sens. C’est lui qui formule pour la première fois le terme d’anglo-arabe, notamment dans ses ouvrages, et qui le rend générique, définissant ainsi une race particulière de « pur sang français » essentiellement répertoriée dans le Midi et dans le Limousin. Il pense que l’anglo-arabe croisé avec les races autochtones (limousines et tarbaises) doit produire « un cheval moyen qui ne soit ni l’arabe, ni l’anglais qui, tout en s’approchant de l’un et ne s’écartant pas trop de l’autre, n’ait pourtant ni les exigences de celui-ci, ni l’insuffisance de celui-là. ». En 1833, le stud-book français de l’anglo-arabe est créé dans lequel sont inscrits des chevaux Pur Sang, arabes, et anglo-arabes. L’anglo-arabe se développe principalement dans la région du sud-ouest. Le haras national de Gelos près de Pau, puis, à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, le Limousin, ont contribué à la sélection du cheval anglo-arabe. Le Pur Sang puis le cheval arabe ont été utilisés sur le cheval navarrin, race aux origines espagnoles, ayant un petit modèle, plutôt plat, mais d’une grande robustesse. Le croisement a également été réalisé avec le cheval limousin qui, lui aussi imprégné de sang espagnol, est plus grand et étoffé. Aujourd'hui encore les anglo-arabes du Sud-Ouest sont plus légers dans le modèle que ceux de souche limousine, qui ont plus de taille et de cadre. Des juments nivernaises et normandes sont aussi utilisées. Dès 1880 est exigée la règle des 25 % de sang arabe pour être reconnu en tant que cheval anglo-arabe. Entré en 1894 aux haras nationaux, l'étalon Prisme a fortement contribué à fixer les caractéristiques de la race. Il est le père de près de 58 étalons. Les premières productions sont orientées vers le cheval de courses et le cheval de luxe. Dans le sud-ouest, des courses hippiques réservées aux anglo-arabes sont ainsi créées.

Orientation sportive au XXe siècle

Le XXe siècle amène une orientation sportive à la race. Avant le développement du selle français, c'est le cheval de sport par excellence. Plus rapide que les divers demi-sang présents en France, il est également plus développé que l'arabe. Il s'illustre particulièrement en saut d'obstacles dans la période d'après-guerre. Le cheval anglo-arabe type de cette période est de petite taille et doté d'un très fort coup de saut. La race n'a été orientée vers le complet que plus récemment. L'anglo-arabe est aujourd’hui, avec le selle français, l'une des deux grandes races de chevaux de selle à sang chaud d'origine française.

Description de la race

Morphologie

Étalon anglo-arabe gris au modèle.
Tête d'une jument anglo-arabe.

Le type de l'anglo-arabe est intermédiaire entre deux races : l'arabe apporte sa classe et sa trempe ; le Pur Sang, quant à lui, apporte sa taille et sa vitesse. De ce fait, l'anglo-arabe est une race peu homogène, la morphologie étant liée à l'importance du pourcentage de sang arabe chez l'animal. Mais on caractérise généralement l'anglo-arabe comme un cheval distingué, harmonieux, souple, avec de la locomotion et un bon équilibre.

L'anglo-arabe est à l'origine un peu plus grand que l'arabe, mais sa taille a eu tendance à augmenter et les sujets de 1,66 m au garrot ne sont plus rares. Sa taille standard se situe néanmoins entre 1,58 m et 1,65 m.

Le profil de la tête est plutôt rectiligne et tient généralement plus du Pur Sang que de l'arabe. C’est un cheval avec une tête intelligente, des yeux bien ouverts et expressifs, un front large, et des oreilles mobiles et alertes. L'encolure est harmonieusement greffée, le garrot est saillant[14] et la poitrine profonde[7]. L'épaule est longue et inclinée. Le dos est court, droit et fort. La croupe est longue et bien orientée avec une arrière-main bien proportionnée. L'ossature générale est plutôt légère, avec des membres secs et bien musclés. La crinière et la queue sont fines et soyeuses.

Robe

Article connexe : Robe (cheval).

On rencontre toutes les robes simples chez la race, mais le bai, le bai-brun, l'alezan et le gris sont les plus fréquentes. La robe noire est plus rare. Les marques blanches, comme par exemple les balzanes, sont également assez fréquentes et sont autorisées sans restriction.

Tempérament

L'anglo-arabe est un animal chic, volontaire, courageux et réactif. Noble, nerveux, c'est aussi un compagnon loyal et sincère. Critiqué par le passé pour sa susceptibilité, ce trait de caractère tend aujourd'hui à se stabiliser par la sélection. Mais l'anglo-arabe n'en reste pas moins un cheval d'une grande finesse, doté d'une forte personnalité, et qui requiert de ce fait un cavalier aguerri.

Statut d'élevage

Marque de l'anglo-arabe.
 
Étalon anglo-arabe monté au haras de Cluny.

Au sein de l'anglo-arabe, il existe plusieurs appellations pour différencier les animaux. Ces appellations sont liées au pourcentage de sang arabe chez le sujet. Il figure à la suite du nom des anglo-arabes et des Demi-sang anglo-arabes. Plusieurs terminologies existent au sein de l'anglo-arabe. On distingue ainsi les anglo-arabes (AA), les anglo-arabes de complément (AC), les anglo-arabes de croisement (AACR) et les Demi-sang anglo-arabes (DSAA). Chez l'AA et l'AC, des étoiles accolées à la race (par exemple : *AA*) signifient que ces chevaux sont issus uniquement d'ascendants Pur Sang et arabe.

Anglo-arabe

Les anglo-arabes (AA) à proprement parler doivent posséder au minimum 25 % de sang arabe et parmi eux, sont distingués les anglo-arabes ayant au minimum 50 % de sang arabe (les anglo-arabes « à 50 % » issus par exemple du croisement d'un Pur-sang anglais et d'un Pur-sang arabe) et les anglo-arabes ayant au minimum 25 % mais moins de 50 % de sang arabe (les anglo « à 25 % » issus par exemple du croisement d'un anglo-arabe à 50 % et d'un Pur Sang)[16],[15].

Ces catégories, peu utilisées dans le monde des sports équestres, sont importantes en courses : plus le pourcentage de sang arabe est faible, et donc le pourcentage de sang anglais élevé, plus le cheval est susceptible d'être rapide. Il existe donc des courses de plat séparées pour les anglo-arabes dits « à 50 % » (ayant plus de 37,5 % de sang arabe) et les anglo-arabes dits « à 25 % » (ayant entre 25 % et 37,5 % de sang arabe). Les anglo-arabes de complément, c'est-à-dire ayant moins de 25 % de sang arabe, ont longtemps couru avec tous les autres chevaux AQPS. Mais aujourd'hui une nouvelle catégorie existe permettant d’intégrer des chevaux ayant entre 12,5 % et 25 % de sang arabe.

Anglo-arabe de complément

Les anglo-arabes ayant moins de 25 % de sang arabe sont appelés des anglo-arabes de complément (AC); parmi eux, ceux possédant moins de 12,5 % de sang arabe reçoivent en plus la mention Autre que pur-sang (AQPS) voire, sous certaines conditions, ils ne portent plus le nom d'anglo-arabe mais simplement celui d'AQPS, qui est une race à part entière depuis 2005, avec son propre stud-book.

Anglo-arabe de croisement

Depuis janvier 2004, des chevaux très proches des AA sont appelés anglo-arabes de croisement (AACR). Ne pouvant être inscrits au stud-book français du cheval anglo-arabe, ces chevaux doivent posséder au minimum 12,5 % de sang arabe et, sauf exception, au minimum ¾ de leurs ascendants qui soient Pur-sang anglais, Pur-sang arabes ou anglo-arabes. À partir de 2009, sont inscrits au registre de l'anglo-arabe de croisement les produits ayant au moins 12,5 % de sang arabe et issus du croisement d'une femelle anglo-arabe, AQPS ou anglo-arabe de croisement avec un étalon facteur d’anglo-arabe de croisement.

Demi-sang anglo-arabe

Les anglo-arabes qui ont une faible proportion (maximum 1/16e) de chevaux autres que Pur Sang et arabes parmi leurs ancêtres, sont appelés « demi-sang anglo-arabes ». Ils bénéficient d'un registre spécifique. Depuis 2011, les poulains demi-sang anglo-arabe doivent répondre aux critères suivants : avoir minimum 25 % de sang arabe, avoir au moins un ascendant PS, ne pas être inscriptible au stud-book de l'AA, et être issu d'un croisement d'un AA, PS, AQPS, Arabe ou demi-sang AA, et d'un reproducteur demi-sang AA.

Diffusion de l'élevage

En France

Logo de l'Association Nationale des Éleveurs et propriétaires d’Anglo-Arabes.
 
Poulinière anglo-arabe et son poulain.

En France, l’ANAA (Association Nationale des Éleveurs et propriétaires d’Anglo-Arabes), agréée par le ministère de l’agriculture, s'occupe de fédérer les éleveurs, propriétaires et utilisateurs de ces chevaux, de gérer le règlement du stud-book, et d'effectuer la promotion de la race.

Les zones d'élevage traditionnelles se situent autour des haras de Pau, Saintes, Tarbes, Villeneuve-sur-Lot, Aurillac, Rodez, Uzès et du haras de Pompadour. Ce dernier gère une jumenterie nationale consacrée à l'élevage de l'arabe et de l'anglo-arabe. L'anglo-arabe est également élevé en assez grand nombre dans les circonscriptions de Compiègne, d'Angers et du Pin. Il existe des étalons anglo-arabes dans toutes les circonscriptions. 80 % des poulinières anglo-arabes sont saillies pour produire de l'anglo-arabe. En 2009, 1 111 éleveurs produisent de l'anglo-arabe.

En 2008, on recense 993 naissances anglo-arabes, soit 7 % du total des naissances des races françaises de chevaux de selle. En 2009, 2 232 juments AA ont été saillies et 1 481 juments ont été saillies pour produire de l'anglo-arabe. On compte également 110 étalons AA en activité cette même année.

Année20002005200620072008
Nombre de naissances en France 1484 1556 1235 1104 993

Dans le reste du monde

La Confédération internationale de l'anglo-arabe (CIAA) est une union de plusieurs groupements français ou étrangers qui a pour objectif de définir les règles de reconnaissance réciproque des stud-books de l'anglo-arabe et de promouvoir la race à l’échelle internationale. La CIAA est composée de membres d’honneur, de membres stud-books et de membres associés[21]. Les différents membres correspondent aux organismes gérant le registre d'élevage de l'anglo-arabe de par le monde. Les pays représentés sont la France, l'Espagne, la Suisse, le Maroc, l'Italie, la Pologne et le Portugal pour les membres stud-books agréés, et l'Allemagne, la Belgique, la Suède et la Tunisie pour les membres stud-books signataires. Des membres associés sont également représentés dans plusieurs pays déjà cités mais également au Brésil et en Grande-Bretagne.

Utilisations

L'anglo-arabe est un cheval polyvalent qui est principalement utilisé dans les sports équestres. Mais, grâce à une production orientée, il se distingue aussi dans les courses hippiques. C'est également un cheval qui est très souvent utilisé en croisement.

Sports équestres

Article connexe : Sport équestre.

L'anglo-arabe est avant tout un cheval de sport. Son aptitude au saut et au galop, tout comme son élégance et sa résistance en font un cheval de compétition très apprécié dans de nombreuses disciplines. Le concours complet est sa discipline de prédilection. Sa rapidité, son endurance et sa réactivité font merveilles et la présence de la race jusqu'au plus haut niveau de compétition est là pour le prouver. Ses qualités de sauteurs sont aussi fort appréciables en saut d'obstacles et de nombreux champions des années 1950, comme Pierre Jonquères d'Oriola avec Ali Baba, aux années 1980, Philippe Rozier avec Jiva, montaient des chevaux de race anglo-arabe. Mais aujourd'hui, dans cette discipline, le selle français lui est souvent préféré. De par la hauteur actuelle des obstacles, on reproche à l’anglo-arabe son manque de taille. Il plait également en dressage, discipline dans laquelle il est bien représenté sur les terrains de concours, mais à haut niveau, il ne peut concurrencer la taille et les allures spectaculaires des chevaux du Nord. L’endurance est également adaptée à l’anglo-arabe. Mais pour cette discipline, on privilégiera les chevaux avec un pourcentage élevé de sang arabe. Enfin, l’anglo-arabe est également un merveilleux cheval de selle, en équitation d'extérieur ou de loisir.

   

Courses hippiques

Article connexe : Sport hippique.

Il existe également une production anglo-arabe orientée vers les courses hippiques. De par son physique athlétique, l'anglo-arabe s'illustre aussi bien dans les courses de galop que dans les courses d'obstacles. Il dispose, dans le quart Sud-ouest de la France, d'un programme bien doté de courses dans les deux disciplines, les hippodromes de Pau et de Pompadour lui proposant des courses réservées. Il se mesure souvent avec succès aux autres races de chevaux (Pur-sang et Selle français de type AQPS) dans les courses d'obstacles.

Croisement

Jeune mâle selle français dont le père est anglo-arabe.

L'anglo-arabe est aussi très fréquemment utilisé pour croiser avec d'autres races de chevaux de sport. Il a ainsi très largement participé au développement du selle français. Il est reconnu par les autres stud-books européens comme améliorateur de race et est recherché pour son élégance, sa réactivité, mais surtout son apport de sang. Ainsi l'étalon français Zeus, né en 1972, a fortement imprégné le stud-book du KWPN et Inschallah ex Josselin, né en 1968, a longtemps été l'un des géniteurs les plus recherchés pour la production de chevaux de dressage en Allemagne.

Chevaux anglo-arabes renommés

Des années 1950 aux années 1990, plusieurs chevaux anglo-arabes ont foulé les pistes des plus grandes compétitions internationales et laissé leur empreinte dans le monde du sport. Ali Baba, né en 1941, en est un très bel exemple. Monté par Pierre Jonquères d'Oriola, il a été champion olympique de saut d'obstacles en 1952. Tourbillon, né également en 1941, a fait partie de l'équipe de France de complet. Ryon d'Anzex, né en 1983, performer international de saut d'obstacles, a participé aux Jeux Olympiques de Barcelone en 1992. Twist la Beige, né en 1985, a été champion d'Europe de complet et performer international de complet sous la selle de Jean Lou Bigot. Mokkaido, né en 1978, et Rheingold de Luyne, né en 1984, sont tous deux performers internationaux et ont participé aux Jeux olympiques de 1996 à Atlanta. Jiva, sous la selle de Philippe Rozier, a participé aux Jeux olympiques de 1984 à Los Angeles et a été vice-championne d'Europe par équipe en 1987. Dans le monde de l'élevage, de grands noms anglo-arabes ont aussi marqué les lignées françaises et internationales comme Dionysos II, Fol Avril et Inschallah ex Josselin.

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